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LE

EN PATOIS

LA KOCllEiOtCAlU»

UNE l.NTRODl CTION ET DES NOTES

M N FAVRM

ANGOULEME

Place du Mûrier 18811

LE NOËL DE THEUET

THE LIBRARY

THE UNIVERSITY OF BRITISH COLUMBIA

JUSTIFICATION DU TIRAGE

1 Exemplaire sur vieux papier d'Angoulèmc, numéroté A.

2 Exemplaires sur peau de vélin, numérotés B et C. 2 Exemplaires sur Japon, numérotés i et 2.

2 Exemplaires Whatmann, numérotés 3 et 4. ço Exemplaires sur Chine, numérotés 5 à 54. 100 Exemplaires sur vélin ordinaire, numérotés 154 à 154. 43 Exemplaires sur Mikado, numérotés 154 à 197.

200 Exemplaires.

N"

5.3

■Mt

LE

NOËL DE THEUET

EN PATOIS

DU CANTON DE LA ROCHEFOUCAULD

UNE INTRODUCTION ET DES NOTES

M. A. FAVRAUD

ANGOULEME

Place du Mûrier

1889

Digitized by the Internet Archive

in 2010 with funding from

University of British Columbia Library

http://www.archive.org/details/lenoldetheueteOOfavr

INTRODUCTION

^' ne Noël que nous publions aujourd'hui est un spécimen

"ilâ de ces chants naïfs d'autrefois, répétés par des bandes de paysans que menaient à l'église du village des traditions aujourd'hui perdues, le soir de la messe de minuit.

Composé dans les dernières années du siècle dernier par un curé de La Rochefoucauld dont on a oublié le nom, il était encore populaire il y a cinquante ans. Aujourd'hui, les vieil- lards seuls en ont conservé quelques couplets. Nous en avons recueilU des variantes dans les communes de La Rochefou- cauld, Rivières, La Rochette, Bunzac, et des fragments épar s dans d'autres localités voisines.

Il contient' le récit de certains usages, -perdus depuis long- temps dans cette contrée, et mentionne, dans ses 42 couplets, 170 paroisses, villages ou métairies dont les habitants viennent apporter leurs présents à la vierge Marie et à l'enfant Jésus.

Il semble l'imitalioii d'un vieux Noël poitevin intitulé : l'Adoration des Bergers.

Il est intéressant, non-seulement par le récit des usages qu'il nous rappelle, mais surtout parce qu'il nous fournit des renseignements pour la délimitation du sous-dialecte dans lequel il est écrit.

Le dialecte de La Rocliefoucaidd, par suite de la situation même de cette localité, tient un peu du dialecte poitevin, mais il se rapproche beaucoup du patois limousin. Les com- munes du canton qui sont situées à l'est accentuent encore davantage leur parenté avec la langue d'oc; celles situées à l'ouest, dans le voisinage de Saint- Amant-de-Boixe, au con- traire, perdent peu à peu le souvenir des tournures méridio- nales; l'accent disparaît progressivement; la dégradation se fait sentir pour ainsi dire de commune à commune. C'est une Marche entre les deux idiomes voisins, mais qui a été pénétrée, sur les bords surtout, par chacun d'eux.

Qu(îlques règles grammaticales sur ce dialecte ne sont pas inutiles.

NOM ET ADJECTIF.

Les noms et les adjectifs terminés eu on, en français, changent, à La Rochefoucauld, cette linale en ou : maison (maison) , canton (canton) , cresson (cresson) , Montberou (Montbron), etc.

ARTICLE.

L'article est :

Le, pour le masculin singulier ;

La, pour le féminin singulier ;

Lous, pour le masculin pluriel ;

Las, pour le féminin pluriel (prononcez là).

Les formes contractées sont :

Ail, à la, aux, à las (aux), du, dus (des).

Adjectif numéral : doux {Aexi\), masculin pluriel; doué (deux), féminin pluriel.

Doux s'écrit et se prononce quelquefois dus.

Adjectif démonstratif : quée (ce), queis ou qicis (ces), quelle (cette). ,

Adjectif possessif : lotir (leur), lours (leurs), devant une voyelle, lourés, devant une consonne.

Pronom personnel : ou (il), ou (ils), tous (les). Pronom démonstratif : quo, queu (ce), quis, quiquis (ceux, ceux-ci).

VERBE.

Voici les terminaisons des verbes des quatre conj ugaisons :

INDICATIF PRÉSENT

1" toBjagaisoD.

i" conjngjisoD.'

3" tonjugjisoij.

i" conjugaison

(Verbes inchoatifs.)

e.

s.

is.

et.

s.

es.

es.

issès.

evès.

es.

e.

t.

it.

et.

d.

ins.

- '"^-

issins.

evins.

ans.

ez.

ez.

issez.

avez.

ez.

int.

int.

issint.

evint.

ant.

IMP.\RF.\IT.

ave.

ave.

issave.

ave.

aw.

avias.

avias.

issavias.

avias.

avias.

ave.

ave.

issave.

âve.

ave.

avians.

avians.

iss^vians.

avians.

avians

aviez.

aviez.

issaviez.

aviez.

aviez.

aviant.

aviant.

issavant.

aviant.

aviant.

~ PASSE DEFINI.

1" tODJUgaisOD.

2' conjugaison.

3' tonjagaison.

(Verbes inchoatifs.)

is.

is.

issis.

auguis.

is.

itès.

issitès.

auguis.

it.

it.

issit.

auguit.

itins.

itins.

issitins.

auguitins.

itez.

itez.

issitez.

auguitez.

itint.

itint.

issitint.

auguitint.

It.

itins. itez. itint.

erai.

irai.

irai.

res.

eras.

iras.

iras.

ras.

ero.

iro.

iro.

ro.

erans.

irans.

irans.

rans

erez.

irez.

irez.

rez.

erant.

irant.

irant.

rant.

rai.

ras.

rot.

rans.

rez.

rant.

CONDITIONNEL PRESENT.

eris.

iris.

iris.

ris.

erias.

irias.

irias.

rias.

erit.

irit.

irit.

rit.

erians.

irians.

irians.

rians.

eriez.

iriez.

iriez.

riez.

eriant.

iriant.

iriant.

IMPÉKATI

riant.

c.

s.

is.

_

ets.

ans.

ins.

issans.

ans.

ez.

ez.

issez.

ez.

ris.

rias.

rit.

rians.

riez.

riant.

SUBJONCTIF PRESENT.

isse.

issias.

isse.

issians.

issiez.

issiant.

as.

e.

ans.

ez.

ant.

IMPARFAIT.

i'^ eonjogaison.

i" coDJugjison.

3" conjugaison.

1" conjugaison.

(Verbes inchoatifs.)

isse.

isse.

ississe.

auguisse.

isse.

issias.

issias.

ississias.

auguissias.

issias.

isse.

issç.

ississe.

auguisse.

isse.

issians.

issians.

ississians.

auguissians.

issians

issiez.

issiez.

ississiez.

auguissiez.

issiez.

issiant.

issiant.

ississent.

auguissiant.

issiant

INFINITIF PRÉSENT

a.

- i-

évre.

-re.

PARTICIPE PRESENT.

ant. I issant. | aiit.

PARTICIPE PASSÉ.

i. I i. I augu.

ide.

I ant.

La 3" personne du singulier de l'imparfait de l'indicatif se termine en ave, pour les quatre conjugaisons : ou travaillave (il travaillait), ou sortave (il sortait), ourecevâve {ilvecQ^àii), ou rendave (il rendait).

La 3" personne du pluriel, au même temps, est terminée en aviant.

Les verbes inchoatifs de la 2" conjugaison font, aux mêmes personnes, issave, issavant.

La personne du singulier du passé défini se termine par it, et, au pluriel, par ilint; les verbes inchoatifs font issit, issilint.

L'infinitif présent est terminé, pour les quatre conjugai- sons, en a, i, re et re.

Le participe passé est, pour les mêmes conjugaisons, a, i, i, u eiii.

Les verbes avoir et être font, à l'imparfait de l'indicatif : ou avie, ou érie, ou aviant, ou ériant ; au passé défini : ou aguit, ou fit, ou aguitint, ou fitint.

Une copie manuscrite de ce ISoël avait été communiquée, en 1862, à M. de Rencogne, archiviste de la Charente, par M. Fermoud, libraire à La Rochefoucauld; nous l'avons vainement cherchée. Force nous a été de confronter les variantes qui nous ont été envoyées par MM. les instituteurs et institutrices des diverses communes oii il est encore connu et que nous remercions vivement de leur communication. C'est à l'aide de ces versions que nous avons obtenu le texte que nous publions.

Aiigouléme, 5 mai 1889.

A. Favraud.

10

LE NOËL DE THEUET

'•s^¥i^C^"

HEUET érie dïns sa boutique , Que travaillave, une nué, Quand une troupe angélique, A riioure de plai minué,

Annoncitint que le Messie

Érie vingut, Et de la vierge Marie

Érie néqut.

SJTheuet était dans sa boutique, S Qui travaillait, une nuit. Quand une troupe angélique, A l'heure de plein minuit. Annonça que le Messie

Était venu. Et de la vierge Marie

Était né.

11

^u sort vite dïns la rue P'r écouta quis doux chants; Ou se tord, ou s'évertue, Tant ou les trove touchants. Ou vinguitint d'une file

Au Canton, Lous habitants de la Ville

Et de p'rtout.

Parmi toute l'assimblade, Li, bravinient, se' plaça; Chécun dounit une aubade De quo qu'érie annonça. Lous habitants de la Ville

Intritint, Quiquis de la Basse-Ville

Et Saint- FI leurint.

^L sort vite dans la rue Pour écouter ces doux chants ; Il se tord, il s'évertue, Tant il les trouve touchants. Ils vinrent d'une file

Au Canton, Les habitants de la Yille

Et de partout.

Parmi toute l'assemblée, Lui, bravement, se plaça; Chacun donna une aubade De ce qui était annoncé. Les habitants de la Yille

Entrèrent, Ceux de la Basse-Ville

Et Saint-Florent.

12

^uiQUis de La Villandière Vinguitint d'abord après, Et quiquis d' La Marvaillère Ou aviant bien fait lour apprêt; Mery portave une lébre,

Et Penichou Avie dins sa carnassière

In bée auchou.

Quou es quiquis de La Coutiére Qu'intritint bien doucemint; Un gros fagot de faugière Qu'où offritint in présint. D'une façou bien pllaisinte,

Carolut Courguit et lour présinte

Le salut.

4. 'V*ux-ci de La Villand^re Vinrent d'abord après,

Et ceux-ci de La Marvaillère Avaient bien fait leur apprêt; Méry portait un lièvre,

Et Penichon Avait dans sa carnassière

Un bel oison.

5. C'est ceux-ci de La Coutiére Qui entrèrent bien doucement ; Un gros fagot de fougère Qu'ils offrirent en présent. D'une façon bien plaisante,

Carolus Courut et leur présente Le salut.

13

^^RRiYiTiXT d'une binde Quiquis de Las Houillérais', Arringeas in d'une rinde, Et quis de Ménardiérais. &ACOU portave une cruvelle

Et dus péroux, Marin D A avie une pèle

Et dus bouéroux.

Las Chaumellées, La Pllassolle, Las C ouvrées et Chaz-Vicand Remudint la casserole Avec quis de Montizard. Que s'intind à la cusine?

Quou es René, Qu' intrit faire la trimpine

Du curé.

6. ^tRRiTÊRENT d'une bande Ceux-ci des Eoicillèrgs, Arrangés en un rang,

Et ceux de Ménardiëre. Gacon' portait une cruche

Et des poirillons, Marandat avait une poêle

Et des bouéroux.

7. Les Chaumelles, La Plassolle, Les Cours et Chez-Vicard Remuaient la casserole

Avec ceux de Monthésard. Qui s"entend à la cuisine ?

C'est René, Qui entra faire la soupe

Uu curé.

14

"^^ÉRUZET, La Marvaillère, Chaz-Pouyade et Lavaud, Chante-G'rlet, L' Aumônier e, Chaz-Pourret et Toutyfaut Fitint lours présints en soupe

Et fricots, Et le reste de la troupe

In abricots.

Vinguitint quîs de La Breuille In buffint dïns lourés dets; Trimbllavant coume la feuille Avec lours habits d'été. Et parmi la companie,

Garrigeau Offrit à Y Enfant de Marie

In bée jau.

""^ÉRVZET, La Marvaillère, Chez-Pouyade et Lavaud, Chante— Grelet , L'Aumônière, Chez-Pourret et Toutyfaut Firent leurs présents en soupe

Et viandes, Et le reste de la troupe

En abricots.

Vinrent ceux de La Breuille En soufflant dans leurs doigts ; Ils tremblaient comme la feuille Avec leurs habits d'été. Et parmi la compagnie,

G.4RIGEAU

Offrit à' VEnfant de Maria Un beau coq.

15

^ïxt-Mary et La Soudière, . Lavaure et Chassenuée, Lous Pins et La Barounnière Pêchitint toute la nuée. Ou apportitint de l'anguille

Et dus gouyoux, Un chauderon, une grille

Et du cressou.

Cellefrouin et La Marlière, Sint-Cllaud, Siaux et Chantrezat, Bois-Tizou, La Devinière, ISegret, Nieiiil, Bord et LussaU Aviant prée une tourterelle

Dïns dus ajoux; Portavant une" gâtelle

^t dus pijoux.

II^aint-Mary et La Soudière, Lavaure et Chasseneuil, Les Pins et La Baronnière Péchèrent toute la nuit. Ils apportèrent de l'anguille

Et des goujons. Un chaudron, un gril

Et du cresson.

Cellefrouin et La Marlière, Saint— Claud, Suaux et Ckantrciac, Bois-Tison, La D&i:iiiicre, Negret, Nicuil, Bord et Lussac Avaient pris une tourterelle

Dans des ajoncs; Ils portaient un gâteau

Et des pigeons. •>

16

12.

^ïxTE-CouLOMBE et La Borde, Sïnt-Angée et Sïnt-Amant Traînavant p'r une corde Un agnée qu'où amenavant. Ou le tuitint chaz La Vachotte

Ou chaz Jugnot; Ou anguitint fare la pichotte

Chaz Le Niot.

Lous hermitais de Poumarle Et lous teignons de Nancliars Aviant prés entr'is un marie Avec quiquis de Villars. Portavant une pintade;

Et qui à'Aunat Aviant un pot de moutarde

De Jarnat.

^AiHTE-rCoLOMBE et La Borde, Saint-Angeau et Saint-Amant Traînaient par une corde Un ag-neau qu'ils amenaient. Ils le tuèrent chez La Vachotte

Ou chez JuNOT ; Ils allèrent faire la pichotte

Chez Le Niot.

Les ermites de Puymerle Et les teigneux de Nanclars Avaient pris entre eux un merle Avec ceux-ci de Villars. (Ils) portaient une pintade ;

Et ceux àWunac Avaient un pot de moutarde

De Jarnac.

n

14.

"^uiQUis de Jauldes et Treillis, Aussat, Tourriers et Chanié Ou apportitint à Marie Un sangllier qu'où aviant pris Dïns la fourêt de La braconne,

Apparammint, Sïns être vus de parsounne

Aucunemint.

15.

Jouvre, Magnac et Ruelle, La Valette et Dignat Aviant une plujade de telle Avec quiquis de Mornat. Ou aportitint de la truite

Et du chabot, Une hâte, une léch' frite,

Un bée barbot.

14. '^^Eux-ci de Jauldes et Treillis, Aussac, Tourriers et Champniei's Apportèrent à Marie

Un sanglier qu'ils avaient pris Dans la forêt de La Braconne,

Apparemment, Sans être vus de personne

Aucunement.

15. Toutre, Magnac et Ruelle, La Valette et Bignac Avaient une pliée de toile Avec ceux-ci de Mornac. Ils apportèrent de la truite

Et du cliabot, Une hâte, une lèchefrite, Un beau barbot.

18

16.

^Pe Mongoumard et La Garde, Dus Deffinds et de Pranzat, Portavant une poulai^de Avec quiquis de Bunzat; Doux chapous et une cane,

Et dus poulets, Une dinde et une panne,

Un pot de lait.

De Coulgens, toute une cUique Vinguitint dïns le momint Avec une bonne barrique De bon vin qu'où amenitint. Ou aviant prés la verille,

Un guimbelet, Dus douzils, une bouteille,

Un gobelet.

16. GKE Montffoumard et La Garde, Des Deffends et de Pranzac, Portaient une poularde

Avec ceux-ci de Bunsac; Deux chapons et une cane,

Et deux poulets, Une dinde et une ponne.

Un pot de lait.

17. De Coulgens, toute une clique Vinrent dans le moment Avec une bonne barrique

De bon vin qu'ils amenèrent. Ils avaient bien pris la vnlle.

Une tasse, Des douzils, une bouteille.

Un gobelet.

19

18.

l^ous dinsours de La Rochette Vinguitint bien bravemint; Au bée son de lour musette, Dansitint joyousemint. La musique érie si jolie

Que Bastien Avie prée une cUochette

Et un cllairin.

Quis que s'ant bien tourna la broche, Qa'ou est lous cocassiers à' A gris; Ou apportitint une belle auche. Une cane, une perdrix. Mais qu'o vinguit de La Brousse

Un gros Magot, Qui brusquement lour détrousse

Lour fricot.

18. T^'ES danseurs de La Rochette Vinrent bien bravement;

Au bon son de leur musette, (Ils) dansèrent joyeusement. La musique était -si jolie

Que B.\STiEN Avait pris une sonnette

Et une clochette.

19. Ceux qui savent bien tourner la broche, Ce sont les cocassiers A'Agris;

Ils apportèrent une belle oie,' Une cane, une perdrix. Mais il vint de La Brousse

Un gros Magot, Qui brusquement leur détrousse

Leur fricot.

20

20.

^^iviÉRAiES et La Ramisse Y vinguitint à lour tour; Un paquet de régalisse ' Apportitint au Sauvour. Un perchât, une égrevisse,

Dus gouyoux, Une andouille, une saucisse,

Offrit Mayoûx.

21.

Le Mônat, La Michelie, Las Ècurées et Virmalet, La Chapelle et Chaz-Zabrie, CJiaz-Tahas et Le Soudet Ou apportitint lour offrande

In seriézaies, In prunaies et en nouzilles.

En flamboisaies.

20. S^iWÈSEs et La Ramisse Y vinrent à leur tour; Un paquet de réglisse

(Ils) apportèrent au Sauveur. Une perche, une éorevisse,

Des goujons, Une andouille, une saucisse

Offrit Mayoux.

21 . Le Mosnac, La Michelie, Les Écures et Villemalet, La Chapelle et Chez-Zabrie, Chez-Tabas et Le Soudet Apportèrent leur offrande

En cerises, En prunes, en noisettes. En framboises.

21

"^^ELBUZE, La Marvaillère, Chaz- Gallois et Chaz-Girou, Chaz-Foucaud et La Moulière, Chaz-Nobllel et Lous-Sabllous, De las poumés de Rivières

P'r dessert, Une plleine carnassière

De p'rsès.

23.

Cailléraies et Chaz-Lassare, . Mainebaud et Chaz-Tarot Intritint sïns dire gare, Portavant chaq'in fagot. Ou déchiritint la face

Et lour balot A quiquis de Chaz-FHasse

Et Chaz-Salot.

22, '^^'ELLBBVZE, La Marvaillère, Chez-Gallois et Chez-Girou, Chez-Foucaud et La 'Meulière, Chez-Noble et Les Sablons, Des pommes de Rivières

Pour dessert, Une pleine carnassière De pêches.

23. Caillères et Chez-Lasserre, Mainebeau et Chez-Tarrot Entrèrent sans dire gare, Portant chacun un fagot. Ils déchirèrent la face

Et leurs lèvres

A ceux de Chez-Filasse

Et Chez-Sallot.

22

24.

■"^u'ou ée Chaz-Fort et Rochepoulle,

Sïnt-Coiitant et Sïnt-Priée Qa'apportitint une poule Avec qui de Chaz-Làgnier. N'érie pas bien attachade,

Dessit SoRNiT, Car a pringuit la volade

Et s'in auffuit.

Qu'où ée quiquis de La Chabanne Que fitint bien attrapas ! Ou ériant très dessur un âne, Se cresaviant bien montas ; Mais le baudet, par malice,

S'accUanit, Lous foutit dïns la palisse

Et s'in anguit.

24. 'V'est Chez-Fort et Rodiepoiile Saint-Coutant et Saint-Projet Qui apportèrent une poule Avec ceux de Chez-Lasnier. Elle n'était pas bien attachée,

Dit SORNIN,

Car elle prit la volée Et s'en alla.

25. Ce sont ceux de La Chabanne Qui furent bien attrapés !

Ils étaient trois sur un âne, Et se croyaient bien montés; Mais le baudet, par malice.

S'abattit, Les jeta dans la haie

Et s'en alla.

23

26.

Idâ^ Briaud, dedïns la troupe, Se trovit fortuitement; Ou sautit dessus la croupe De l'âne bien hardiment. Mais JosET crédit bien vite

Au vieux Barraud : « Moun ami, arrêtas vite

Quée maraud ! »

27.

A la cime d'une échalle, Un geâs chante tant qu'où pot Avec sa voix de cigale ; Ou crée de pilaire bécot, Pa'ce que l'âne le regarde

Fièremint Et s'arrête à la montade

In même timps.

26. gtfx habitaat de Brie, dans la troupe, Se trouva fortuitement;

II sauta sur la croupe De l'àne bien har.diinent. Mais Joseph cria bien vite

Au vieux B.*.BR.iLD ': « Itlon ami, arrêtes vite

Le maraud ! »

27. A la cime d'une échelle.

Un coq chante tant qu'il peut Avec sa voix de cigale; Il croit plaire beaucoup, Parce que l'àne le regarde

Fièrement Et s'arrête à la montée

En même temps.

24

ÉË'ane, tinta de l'aubade, Pringuit la voix, se plingnit. Ou dounit une bramade ; Le geâs avec li s'accordit. Lour musique érie si jolie,

Que BoNDAS Se mettit de la partie

Avec Tétas.

29.

De Foncée et de Chazelle, Le Lérat et Sïnt-Sauvour, Sallemaze et La Croutelle Apportitint au Sauvour De très boune marchandise :

Un boun liée. Un bounet, une chemise.

Dus souillers.

28. #^'ane, tenté de l'aubade, Prit la vois et se plaignit. Il donna une bramée ;

Le coq avec lui s'accorda Leur musique était si jolie,

Que BONDEAU

Se mit de la partie Avec Tèteau.

29. De Fonçais et de Chazelles, Olérat et Saint-Sauveur, Salmaze et La Croutelle Apportèrent au Sauveur

De très bonne marchandise :

Un bon lit, Un bonnet, une chemise.

Des souliers.

S5

30.

■^N venant p'r la campagne, Lous bouchiers de Sïnt-Sornis Tombitint dedïns la fagne, Dont ou fitint bien orris. Ou fasiant laide grimace,

Disantis De s'être abimas la face

Et enchotis.

31.

De Sïnt-Paid et de Rancougne, De Vouthon et Vilhaunonœ, De L'Arbre et de La Braconne, De Malléran et Peyroux, Portavant, dïnt une bourgne,

Dus fruits secs Et bécot d'autre besougne,

A JOSET.

30. ^iN venant par la campagne, Les bouchers de Saint— Sornin Tombèrent dans la boue, Dont ils furent bien ahuris. Ils faisaient laide grimace.

Disant De s'être abîmé la face Et salis.

31 . De Saint— Paul et de Rancogne, De Youthon et Vilhonneur,

De L'Arbre et de La Braconne,

De Malleyran et Peyrott,

(Ils) apportèrent, dans une bourgne,

Des fruits secs Et beaucoup d'autre chose,

A Joseph.

26

32.

^ïor^TBEROU et La Bourdrie, Marthou, Mossat et Charras, Mouthiérais, La Tricherie, YyOrgeduée et à'Escuras, Du bois à plleines charrettes

Amenitint ; De las poumées de renette,

P'r présint.

33.

Lous Foiiilloiix et La Vallade, Qui sont de vaillants soudards, , Ou aviant une épée i-ouillade, Et Thouminet un vieux dard. Ou ériant une cintaine

De Limarcée P'r la tira avec peine

Du fourrée.

32. (§!}^0STBR0S et La Borderie, Marthon, Moussac et Charras, Mouthiers et La Tricherie, D'Orgedeuil et à' É curas.

Du bois à pleines charrettes

Amenèrent ; Des pommes de rainette,

Pour présent.

33. Les Fouilloux et La Vallade, Qui sont de vaillants soldats, Ils avaient une épée rouillée. Et Thomas un vieux dard.

Ils étaient bien une centaine

De Limarçais Pour la tirer avec peine

Du fourreau.

27

34.

^HAZ-Glcou et La Mirande, Jaubertiéraies et Lydrat, Apportitint lour offrande Avec quiquis de JRussat. Quou érie une vieille chabre

Que LuNO A vie changea p'r un sabre

Au vieux Bruno.

35.

Montimbue et La Fouillarde, Roussines et MazeroUaies, Une plujade de sarge, De las fraisais et groseillaies, In grande cérimonie,

Apportitint A JosBT et à Marie

Lourés présints.

34. ^^^bez-Gacoh et La Mirande, Joubertières et Lydrat Apportèrent leur offrande Avec ceux de liussat : C'était une vieille chèvre

Que LuxEAU Avait changée pour un sabre Au vieux Bkuneau.

35. Montemhœuf et La Feuillade, Roussines et Mazerolles,

Une pièce de serge,

Des fraises, des groseilles, ■•

En grande cérémonie,

Apportèrent A Joseph et à Marie

Leurs présents.

28

36.

^ïxt-Étory, La Vacherie, La Fontaine et FUeurignat, De Beaumont et La Gag'rie, Chaz-V-Mounier, Marillat, Achetitint, chaz L'Audouine,

Dus boudins, Dus ufs et de la farine,

Dus carquelins.

37.

De La Chassagne et Manières, Chervée, Moucon, Lusignat, Chàlillieu, Las Courrières, De Sïnt- Vincent et Nitrat, De las crêpes de bla nègre

Et dus chauvées Apportitint à la mère,

Et dus navées.

36. ^Aiyi-ADjVTORr, La Vacherie, La Fontaine et Fleurignac, De Beaumont et La Gagerie, Chez-le-Meunier, Mariltac, Achetèrent, chez madame Audouin,

Des boudins, Des œufs et dq la farine, Des tortillons.

37. De La Chassagne et Mazièr-es, Cherves, Mouzon, Lusignac, Châtillon, Les Courrières,

De Saint— Vincent et yitrat. Des crêpes de blé noir

Et des marrons grillés Apportèrent à la mère.

Et des navets.

S9

38.

'^haz-Chardou et Taillandière, Lous Viviers et Jardrerj^at, Le Brtuil et La Quérillière, Chaz-Tarnais- et Tapoiinat Portaviant de la salade

Et dus persit ; Dus choux et de la pourrade,

Dus salsifit.

39.

Des Frauds et de La Chassagne, Ménardiérais, Lous Foiiilloux , Dus marrons, de las châtagnes, Qu'où apportitint au Sauvoux; Ou offritint à Marie

Lour présint : '

De las pêches bien jolies,

Dus rasins.

38. ^'^hez-Chardou et Taillandières, Les Viviers et Jardenac, Le Breuil et La Quérillière, Chez-Tarnaud et Taponnat Portaient de la salade

Et du persil; Des choux et du poireau,

Des salsifis!

39.

Des Frauds et de La Chassagne, Ménardières, Les Fouilloux, Des marrons, des châtaignes. Qu'ils apportèrent au Sauveur; Ils offrirent à Marie

Lour présent : Des pèches bien jolies,

Des raisins.

3U

-10.

^^E Puy-Gibaud et La Garde, De Chantemerle et de Cloulas, Bourdeliéraies, La Montade,. De Chaz-Gllaude et Poutignat, Portavant une tourtière

Et dus bourgnous, Un pâté qu'où aviant fait faire,

Et dus péroux.

41.

Parmi toute l'assimblade, P'rsoune ne bougitint; In intindint quelle aubade, Tout le monde rintritint. Ou ériant be si contint,

Disavant-is, In vésant tous ensemble

L' Fils de Marie.

40. '3^E Puy-Gibaud et de Ln Garde, De Chantemerle et de Cloulas, Boiirdelières, La MSxtée,

De Chez-Claude et Poutignac Portaient une tourtière

Et des brugnons, Un pâté qu'ils avaient fait faire,

Et des petites poires.

41 . Parmi toute l'assemblée. Personne ne partit ;

En entendant cette aubade.

Tout le monde rentra.

- Ils étaient bien si contents,

Disaient-ils,

En voyant tous ensemble

Le Fils de Marie.

31

42.

^^PRÈs, chécun, à la ronde, Volie offrir son présint, Contint d'être dins le monde. Ou fitint lour compllimint Devant la Sïnte Famille.

In sortint, Chécun fit sa revérince,

Humbllemint.

42. ^^PRÈs, chacun, à la ronde, Voulut offrir son présent, Content d'être dans le monde. Ils firent leur compliment Devant la Sainte-Famille.

En sortant, Chacun fit sa révérence,

Humblement.

32

AIR NOTE EN MUSIQUE

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Theuet é - rie djnssa tioutique, que tra-»ail-laïB, u-nenii

£sj^v„|M';]'|:]'r^^

Quand une troupe angé-li-que. à l'houre de plaimi-nué.

-ÎIL

Annnocitint que le Messie é - rie vingut,

Et de la vier-ge Marie é - rie né-qul.

33

NOTES

1 . Theuet ou Thevet était un cordonnier de la Basse-Ville de La Rochefoucauld. Ce nom était commun dans la ville encore récemment. Etait-ce un descendant d'André Thevet ?

2. Pichotte. La pichotte était une sorte de gros boudin fait avec du sang de bœuf et de veau et dont les habitants de La Rochefoucauld avaient la spécialité; de leur surnom de pichottiers.

3. Bouérou ou bourou : sorte de tenaille en bois pour blanchir les marrons.

4. Briaud : habitant de Brie-la-Rochefoucauld.

5. Bourgne : grande corbeille de paille tressée pour conserver les prunes mêlées, les fruits secs.

6. Tourtière : tourtç faite avec de la pâte et un ragoût d'oiseaux.

35

Introduction 5

Le Noël de Theuet 11

Air noté en musique 33

Notes 35

31

ACHEVÉ D'IMPRIMER

pour la première fois,

à ANGOULÉME,

par M. G. Chassbicnac,

LE 20 Novembre 1889

Uiiiversitv of British Columbia Library

DUE DATE

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OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Œuvres eu patois poitevin. Coiuiuv-d'Argensou (Deux- Sèvres), 188i, in-i\ in-S" et iii-18, Japon.

Les Contes de Jeannette.— Couture-irAr.!,'enson, 1884, iii-18.

Les Noces de Jeannette. Couturc.irArgensoii, I884,in-18.

Mclliisine. Coutnre-d'Argenson, 1881, in-18.

Batracliomiojuachie. Coutuiv-(rAr;i,'eiisoii, 18S1, iii-l8.

La Mouété de Qucne de M''' Poey-d' Avant. Couture- (l'Argenson, 1881, iii-18.

Anoblissement par Louis XIV des terres de Caratcl

et autres. Chàteauliriant, Drouani, 1885, iii-1".

Issé (Loire-lmcriem-e;. Cliàtcaubriant, DrouarO, 1880, iu-12.

Contes poitevins. lloilliroun, Heiiniugor Irores, 1887, ia-18. (Kpu-.zoiâia, T. 111, i>[). 231 et ss.)

AiigolilOiue, luipriiiifi-ic 0. Cimsski.n ai. lOiiipaH Dosais, 2("i.

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